Il y a-t-il quelque chose de plus plaisant que de faire une PR (record personnel)? Atteindre un objectif que l’on chérissait depuis longtemps. Franchir la barre psychologique des 200, 300, 400 ou 500 lbs! Le niveau de force maximale que vous pouvez exercer va vous permettre d’exécuter plus facilement les différentes levées (épaulé-jeté, arraché, thrusters, etc.) utilisés dans les WOD. Cependant, vos PR sur ces levées sont des indicateurs de votre force et non de votre performance comme crossfitteur. Ils offrent un aperçu sur l’état de votre progression et permettent de préparer votre entrainement en conséquence (% de votre 1RM). Ces chiffres ne sont en rien synonymes de votre capacité à performer dans un WOD. Le CrossFit est une discipline globale qui ne fait aucune pitié aux faiblesses. Bravo si vous êtes capable de lever plus lourd que tout le monde dans le gym. Avoir un back squat de 405lbs est bien, mais ne vous aidera surement pas sur vos double-unders, HSPU ou Muscle-Up. Il n’est pas rare de voir des athlètes ayant un 1RM moins élevé, exécuter plus facilement le poids demandé et accomplir le WOD plus rapidement. C’est alors que le deadlift ou l’épaulé-jeté ne sont plus seulement des mouvements de force ou de puissance et deviennent des mouvements de conditionnement (cardio, endurance, etc.). C’est la beauté du CrossFit.
Ceci étant dit, il ne faut surtout pas abandonner la quête de battre vos PR sur le deadlift ou le back squat, mais il ne faut pas le faire au détriment des autres mouvements. Ne faites pas l’erreur de mettre l’accent seulement sur ce que les autres remarquent ou ce que vous aimez faire. La polyvalence de vos capacités est essentielle dans ce sport/entrainement si vous voulez que votre souffrance soit moins importante que la personne à côté de vous. Comme dans la vie, un WOD s’en fou si vous avez du «make-up», du linge Lululemon ou si vous êtes en «chest»! Il trouvera toujours un moyen de mettre en lumière ce que vous voulez cacher.
Vous m’entendez souvent dire : «gère tes pauses », « dépêche-toi à finir tes … et va te reposer sur la course ou les box jumps» ou « garde le rythme», etc. Vous vous dites : comment est-ce que je peux me reposer sur de la course ou des box jumps? Garder le rythme avec quoi? La musique? En fait, ces différents encouragements font référence à des stratégies que vous pouvez adopter durant le workout of the day (WOD). Des stratégies qui deviennent de plus en plus pertinente lorsque vous voulez faire de la compétition ou simplement lorsque vous voulez moins souffrir durant un WOD.
Valeur des répétitions
La première stratégie est principalement utilisée lors de compétition (p.ex. Open). Lors d’un WOD, les répétitions ne sont pas toutes égales en termes de valeurs. Un burpee n’a pas la même valeur qu’un muscle-up. C’est normal, car l’un est facile et accessible alors que l’autre demande beaucoup plus de capacités physiques, une excellente maitrise et plus d’énergie. Par exemple, si l’on prend le Workout 12.4 (150 x wallball, 90 x double-under, 30 x muscle-up) de l’Open. Dans la région de l’Est du Canada chez les hommes la valeur des répétitions augmentait considérablement d’un mouvement à l’autre. D’abord les wallball est relativement accessible et facile à exécuter. Ceux qui complétaient seulement les wallballs à l’intérieur du 12 minutes se retrouvaient dans le dernier tiers du classement. De 1 wallballs (947e place) à 150 wallballs (820e place), il y avait que 127 place de différence. Un wallball pouvait vous faire avancer que d’une à 2 places. Dans le deuxième tiers, ont retrouvaient ceux qui pouvaient accomplir des double-under. De 1 double-under (851e place) à 90 double-under (412e place), il y avait 439 places de différence. Déjà les double-under offrent une meilleure opportunité pour améliorer sa position avec 4 à 5 places. Finalement, dès qu’un athlète accomplissait un muscle-up, il passait de 412e place à 365e place. Le premier muscle-up offrait une amélioration de 57 places. En moyenne, chaque muscle-up accomplit offrait une amélioration de 20 à 30 place. Je sais que si vous ne maitrisez pas les double-under ou les muscle-up, il était difficile d’améliorer votre performance dans ce workout. Mais pour ceux, qui avaient quelques double-under ou quelques muscle-up, le temps de repos devait être minimisé afin d’accumuler le plus de répétition possible. C’est à ce moment qu’il était vital de bien gérer l’exécution de ses répétitions et de ses pauses. Car une répétition ratée ou une répétition réussie demande la même quantité d’énergie et de repos.
Gestion de la douleur
Gestion des pauses
L’objectif premier est toujours de compléter le plus rapidement possible le WOD ou d’accomplir le plus de répétitions. Donc, le plus de travail effectué dans un temps donné offre une meilleure forme physique. Réduire le temps de repos offre plus de temps pour accomplir du travail (soit des répétitions). Toutefois, dans ce type d’entrainement à haute intensité, à un moment donné, il faut prendre une pause pour reprendre son souffle et/ou laisser l’acide lactique s’évacuer. Selon vos capacités, certaines personnes pourront accomplir plus de répétitions avant de prendre une pause (par exemple, lâcher la barre après 15 kipping pull-up ou après 30 butterfly pull-ups.).
Ainsi, la gestion des pauses est très importante afin d’avoir une bonne performance. Par exemple, la personne qui complète 20 x pull-ups en 30 secondes et prend 30 secondes de pause pour récupérer accomplit le même travail que la personne qui exécute 10 x pull-ups en 20 secondes et prend 10 secondes de pause. Par contre, la première personne doit peut-être endurer la douleur dans ses muscles à partir de la 12e ou 13e répétition et cette douleur perdure quelques secondes après (favorisant l’augmentation de son rythme cardiaque et de sa respiration), ce qui demande plus de récupération. Cette douleur joue énormément sur le mental et rend le WOD encore plus pénible. Il est généralement préférable de lâcher un peu avant pour retourner plus rapidement au lieu d’agoniser et récupérer pendant une minute. Gérer le repos n’est pas synonyme de rester dans sa zone de confort, c’est garder un rythme constant dans l’accomplissement du WOD. C’est retourner sur la barre, après 10 secondes de pause, même si votre tête vous dit d’attendre encore un peu. Vous pouvez regarder le temps sur le timer afin de respecter vos pauses et éviter de vous fier à votre feeling, car il peut se retrouver très altérer lorsque vous souffrez. C’est ce que l’on appelle gérer la douleur. C’est rester dans cette zone d’inconfort, mais sans que votre mental vous empêche de bouger. Car au final, ce n’est pas celui qui à le plus souffert qui gagne, mais bien celui qui a le plus accompli dans le temps donné.
Il est également possible de choisir l’endroit où l’on va se reposer. Lorsque des mouvements complexes ou des charges lourdes sont dans le WOD, il est inévitable que vous soyez ralenti par ces derniers. Alors, au lieu de prendre vos pauses dans des mouvements faciles (double-unders, K2E, push-ups, sit-ups, etc.) dépêchez vous à les enchaînés afin de vous retrouvez sur le Snatch, Clean & Jerk, HSPU ou sur les Muscle-ups. Car peu importe, il vous faudra prendre des pauses entre les répétitions à cause de la difficulté du mouvement (accentué davantage par la fatigue générale). Les autres endroits inévitables pour récupérer sont la course (400m et plus) et le rameur (1000m et plus).
Gestion des répétitions
Il est également possible de sauver du temps dans l’exécution des répétitions. La bonne technique dans les mouvements est la base afin de bouger efficacement et préserver son énergie. Cependant, la transition entre les répétitions est un élément souvent oublié afin de gagner des secondes ou pour ne pas trop se fatiguer. Par exemple, lors d’un WOD comme Grace (30x Clean & Jerk), il est possible de lâcher la barre au sol après chaque répétition et ainsi préserver ses bras lors de la descente de la barre. À chaque répétition, il y a 3 à 4 secondes nécessaires pour que la barre s’immobilise et que l’athlète puisse reprendre le mouvement. Cela représente 90 à 120 secondes durant le WOD, ce qui est énorme lorsque l’on sait que les meilleurs au monde font ce WOD en moins de deux minutes. Il est donc préférable de faire le maximum de répétitions en ‘’touch and go’’ et prendre des pauses de 10 à 15 secondes. Si la personne fait 10 répétitions et par la suite fait des séries de 5 répétitions, il aura un temps de repos entre 40 et 60 secondes permettant un très bon temps.
La bonne gestion des répétitions se fait dans tous les mouvements (HSPU, Pull-up, Burpee, etc.). Pour un mouvement comme le thruster, il est primordial de bien répartir ses répétitions, car à chaque fois que la barre se retrouve au sol, il faut refaire un épaulé (clean) pour reprendre le mouvement demandant davantage d’énergie. En somme, il faut minimiser l’effort pour accomplir les répétitions, tout en demeurant efficace.
Gestion des muscles
L’utilisation de certains groupes musculaires dans l’exécution des mouvements est aussi une manière de préserver son énergie et favoriser la récupération. Les WOD des régionaux de cette année ont permis à plusieurs athlètes de choisir cette stratégie. Le WOD #2 par exemple (2000m Row, 50 x pistols, 30xhang cleans) demandait de choisir quel groupe musculaire utilisé avant les pistols. Trop de quadriceps dans le rameur et les pistols étaient très difficiles. Plus de bras et d’ischio-jambiers dans le rameur, permettaient de mieux affronter les pistols, mais pouvaient miner l’exécution des hang cleans. Ainsi, plusieurs athlètes ont utilisé différentes positions durant le 2000m afin de ne pas trop surutiliser un groupe musculaire.
Durant le WOD #4, plusieurs athlètes ont choisi d’exécuter les shoulder-to-overhead avec un push press au lieu d’un push jerk. C’était certes plus rapide, mais c’était aussi une manière d’économiser les jambes pour les squats qui suivaient immédiatement après. Un jerk nécessite deux demi-squat alors qu’un press seulement qu’un. Ainsi, les jambes sont moins fatiguées pour affronter les squats, alors que les bras ont le temps de récupérer avant les pull-ups. La séquence des mouvements n’est jamais faite au hasard. Les double-unders avant les Snatch (arrachés) afin de fatiguer les épaules ou des sit-ups, K2E, T2B avant les HSPU afin de fatiguer les abdominaux et les stabilisateurs. Si vous savez qu’après 500m de rameur, vous avez 50 x box jumps à faire et bien, tentez d’utiliser d’avantage vos bras, etc.
Comme athlète, en ayant conscience de vos faiblesses et des muscles qui seront sollicités, vous pourrez mieux répartir la charge de travail à travers les différents groupes musculaires et peut-être réussir mieux le WOD.
Donnez-vous des objectifs
L’objectif premier est de faire la meilleure performance possible sur le WOD. Afin d’atteindre cet objectif, il faut faire le maximum de répétitions possible ou compléter le WOD le plus rapidement possible. Pour réussir, il est souvent efficace de se donner des petits objectifs à l’intérieur du WOD. Cela permet d’enlever l’accent sur la fin interminable du WOD et vous permet de continuer de bouger. Par exemple, décider de faire tous les T2B ou tous les wallballs de manière ‘’unbroken’’ durant tout le WOD; terminer une ronde avant tel X de temps; chaque fois que votre collègue reprend la barre, vous reprenez la barre également; etc. Ainsi, vous mettez l’accent sur le moment présent et cela vous permet de taire la petite voix dans votre tête qui dit que ça fait mal et qu’elle voudrait arrêter.
Plan de match
Avant d’attaquer un WOD, vous devriez tous savoir un peu qu’est-ce qui sera demandant comme mouvement, où est-ce que vous allez pouvoir faire les répétitions de manière ‘’unbroken’’ et où il vous faudra ralentir. Vous pouvez déjà planifier vos pauses et déterminer le temps nécessaire pour faire une ronde. Par exemple, maintenir une ronde de 4 minutes ou moins sur ‘’Barbara’’ ou maintenir une ronde par minute sur ‘’Cindy’’. Créez votre plan de match selon le meilleur de vos connaissances. Si c’est la première fois que vous faite le WOD, et bien, essayez de vous établir des objectifs et n’hésitez pas à ajuster en cours de route. Une chose est sùre c’est que vous allez toujours trouver un moyen de terminer le WOD.
Vous venez de vous inscrire au CrossFit et vous vous demandez par où commencer? Bien sûr c’est de se présenter pour l’entrainement, mais c’est également de découvrir les différentes facettes qui façonnent cet entrainement.
Socialiser
Tout d’abord, n’hésitez pas à faire la connaissance de vos nouveaux collègues d’entrainement. Tout le monde dans le gym se connait, se parle et souffre ensemble. Tout le monde est dans le même bateau. N’ayez pas peur de l’échec, car nous avons tous vécu des échecs. Partagez vos réussites, car nous savons tous la joie et l’énergie investie pour les atteindre. Intégrer cette communauté est la façon la plus facile pour démystifier et progresser dans cet entrainement.
Apprendre
La deuxième étape est d’apprendre les différents mouvements utilisés dans le CrossFit. Certains sont simples, d’autres sont très complexes. Découvrez, et surtout acceptez que vous avez des faiblesses et des forces. Tout le monde dans le gym est comme vous. Il n’y a personne qui est excellent dans tout. L’objectif est de pallier à ces faiblesses et de renforcer de manière globale vos capacités physiques. Cet apprentissage est sans fin. Il y aura toujours quelque chose de nouveau à apprendre (sports/mouvements) et il y aura toujours de la place pour améliorer ou peaufiner les mouvements que vous maitrisez.
Manger
Parmi toutes les diètes, régimes ou méthodes qui existent, le CrossFit prône un retour à la base. Voici la définition : Eat meat and vegetables, nuts and seeds, some fruit, little starch and no sugar.Pour faire simple, mangez le moins transformé possible.Le régime le populaire dans le monde du CrossFit et qui se rapproche le plus de la définition précédente est le régime paléolithique. Ce régime correspond à ce que les premiers humains mangeaient spontanément, de façon naturelle. La théorie de cette diète repose sur le fait que le génome humain n’aurait pas beaucoup évolué depuis 40 000 ans et que nos gènes seraient favorablement disposés à manger comme nos ancêtres préhistoriques. Ainsi, les aliments issus de l’agriculture comme le blé, l’avoine, l’orge, les légumineuses, le riz et les produits laitiers seraient à proscrire. Leurs effets multiples (inflammation, débalancement des hormones, etc.) seraient liés aux différentes maladies chroniques du monde moderne comme l’obésité, le diabète, les allergies, la maladie cœliaque, etc. Développée dans les années 70, cette diète est en pleine expansion aux États-Unis et ailleurs dans le monde afin de contrer l’épidémie d’obésité et l’explosion des cas d’allergie/intolérance au gluten et au lactose.
Cette diète ne compte pas les calories. Qualité avant quantité. Donc, mangez des aliments complets, frais et capables de supporter votre activité physique. Ne vous stressez pas avec votre alimentation en essayant de suivre à 100% un régime, car il y aura toujours des sorties au resto ou des soirées entre ami(e)s. Afin d’approfondir vos recherches et votre réflexion, voici quelques liens:
Suivez vos résultats. Gardez vos temps et vos charges sur les différents WOD afin d’avoir un regard objectif sur votre progression. Il est trop facile d’oublier tout le chemin parcouru et de se démoraliser face aux objectifs que l’ont veut atteindre. L’entrainement sera toujours difficile et demandant. Cependant, vous accomplirez toujours plus en mettant plus lourd (amélioration de la force/puissance) ou en allant plus vite (amélioration de l’endurance/cardio/vitesse/agilité/coordination, etc). Le CrossFit est également une communauté internationale d’adeptes qui partagent la même passion. Suivez la communauté à travers les réseaux sociaux et les sites internet. Découvrez les ressources d’informations, les athlètes, les histoires et l’évolution de cet entrainement révolutionnaire.
Finalement, ce que vous allez accomplir dans le gym n’est pas différent de votre vie de tous les jours. Un WOD offre un échantillon de votre capacité à agir face à l’adversité et les difficultés de la vie. Est-ce que vous abandonnez facilement? Est-ce que vous chialez/sacrez/chignez face aux mouvements que vous n’aimez pas? Est-ce que vous omettez de compter toutes vos répétitions afin de finir plus vite? Est-ce que vous essayez de négocier avec le coach pour réduire votre WOD? La manière dont vous agissez dans le WOD reflète souvent votre manière d’agir face à un examen, une corvée à la maison, une crevaison sur le bord de la route, etc. Cependant, tranquillement chaque personne accepte le fait qu’il n’y a pas de désistement ou de raccourci et comprend qu’il réussira toujours à passer à travers. Malgré la souffrance ou l’épuisement, il y aura toujours quelqu’un à côté de vous pour vous encourager.
Remerciements
Je tiens à dire un énorme merci à tous ceux qui nous ont aidés, directement ou indirectement, dans le récent déménagement du gym. Votre support a été grandement apprécié et j’espère que vous vous appropriez tous le nouveau gym. L’évolution du gym depuis l’année passée a été exponentielle et je suis fier d’appartenir à une si belle gang qui ne cesse de grandir! Merci encore!!!
Il intéressant de voir comment plusieurs athlètes oublient souvent tout le chemin parcouru. Ceux qui n’avaient aucun pull-up en enchainent maintenant des dizaines, mais sont déçus de ne pas maîtriser le butterfly. Ceux qui trouvaient la barre de 45 lbs lourde ont maintenant leur arraché à 100 lbs, mais voudraient faire «Isabel» comme prescrit. Soyez fier du chemin parcouru en si peu de temps et ne vous découragez pas des mouvements que vous ne maitrisez pas encore. Votre voyage dans le monde du CrossFit est sans fin et il y aura toujours des mouvements à apprendre ou maîtriser.
Gardez vos résultats, ils vous permettront de mettre en perspective votre progression, car il est trop facile d’oublier le temps et le travail investit. Le simple fait d’être essoufflé ou de suer abondamment n’est pas un bon indicateur de votre forme physique. Le CrossFit sera toujours dur et exigeant, peu importe votre forme physique, mais vous accomplirez toujours plus en moins de temps. Afin de pouvoir bien calculer cette progression, il est primordial de connaître vos temps sur certains WOD (Fran, FGB, Diane, 5km, etc.), le nombre de répétitions sur certains mouvements (pull-ups, handstand push-ups, etc.) et vos poids sur les levées importantes (back squat, deadlift, shoulder press). Voyez ces derniers comme des tests à passer afin de vous donner l’heure juste sur votre forme physique. Vos résultats, même si vous ne les trouvez pas bons, sont des indicateurs tangibles de votre amélioration. Les résultats des autres ne sont pas importants. Vous êtes en compétition avec vous-même avant tout et c’est beaucoup plus déterminant de voir une personne passer de 0 pull-up à 10 que de 40 pull-ups à 48.
Alors maintenant?
Tandis que le poids ne cesse de grimper sur plusieurs de vos mouvements, il y a certains mouvements qui ne pourront s’obtenir ou s’améliorer sans que vous les attaquiez de plein front. Le muscle-up (traction sur anneaux) entre dans cette catégorie. Ce mouvement ne demande pas seulement de la force ou de la puissance, il demande également de la flexibilité, de l’équilibre, de la coordination, de l’agilité et de la précision. Plusieurs capacités qui demandent une adaptation neurologique. Il faut donc pratiquer, pratiquer et pratiquer afin d’obtenir et de devenir bon dans ce mouvement. Pour accomplir un muscle-up (sans balancement), il faut avoir le false grip, un ring pull-up solide (sternum) et un ring dip dans toute son amplitude (épaule aux anneaux). Identifiez ce qui bloque le plus l’accomplissement de votre mouvement (p.e. transition). Attaquez cet aspect avec les différentes progressions qui vous sont enseignées au gym. Pratiquez, pratiquez et pratiquez. Lorsque votre faiblesse n’est plus une faiblesse, abordez maintenant le deuxième aspect qui bloque votre mouvement. Tranquillement, l’ensemble du mouvement prendra forme et comme par magie deviendra réalité. Ainsi, au lieu de s’énerver ou de se décourager, prenez le temps de regarder le plus objectivement possible vos capacités et vos faiblesses. Si vous n’êtes pas sûr demandez à vos collègues ou votre coach.
En plus, en travaillant l’une de vos faiblesses sur un mouvement, vous allez fréquemment améliorer votre capacité sur d’autres mouvements. Il est toujours impressionnant de voir l’amélioration d’un mouvement sans l’avoir pratiqué. C’est la beauté des mouvements fonctionnels. Faire du deadlift améliore le back squat ou faire des handstand push-ups améliore le shoulder press, etc. Travailler votre ring dip dans toute son amplitude, va généralement améliorer la stabilité et la force de vos épaules, favorisant une meilleure exécution des push-ups, du press, des handstand push-ups et du bench press. Adressez tous vos mouvements selon vos faiblesses. Travaillez-les en retournant à la base (technique, drills, posture, etc.), en utilisant des progressions (bands, bloc, etc.) ou en utilisant des routines de mobilité (front rack position, squat test, etc.).
Alors, ne vous découragez pas si vous n’avez pas votre muscle-up, votre butterfly ou vos double-unders. Si c’était facile, on n’y accorderait pas tant d’importance. Il faut seulement y mettre du temps et du travail et ainsi vos résultats s’amélioreront comme par magie. Gardez en tête tout le chemin parcouru…car rien n’arrive par hasard.
Nous étions une quinzaine de membres du gym à participer à l'édition 2012 de l'Arrache-Coeur (5km sur la Cathédrale). Bravo à tout le monde pour vos performances:
Le CrossFit, ce n’est pas seulement des burpee, des push-ups, des pull-ups ou des redressements assis. Ce n’est pas seulement « des exercices en circuit exécutés sans repos » ou un entrainement intense de 10 à 15 minutes, c’est quelque chose qui s’échelonne sur 24h. Le CrossFit, c’est un mode de vie. C’est la nutrition, c’est la communauté, c’est la compétition avec les autres et soi-même, c’est un sport, c’est les résultats au gym comme dans le quotidien, c’est des exercices de mobilité, c’est l’apprentissage de mouvements de plus en plus complexes, c’est de voir la vie sous un autre angle. C’est de changer drastiquement sa manière d’aborder l’activité physique et sa santé.
En fait, l’entrainement est la pointe de l’iceberg. Il permet une excellente réponse hormonale et neurologique nécessaire pour l’amélioration des capacités physiques, mais il offre aussi une image de tout ce qui se passe sous l’eau. L’entrainement va vous dire si vous avez bien mangé, bien dormi, si vous avez des faiblesses à pallier, des problèmes de mobilité, si vous êtes stressés, si vous abandonnez face à l’adversité ou si ce que vous faites dans votre programme fonctionne. Il est un excellent indicateur de votre rythme de vie. Voir le CrossFit comme un simple circuit d’exercices à exécuter rapidement, c’est omettre d’intégrer ce qui compte vraiment et qui rend ce programme si révolutionnaire. Comment savoir si vous faites du CrossFit? Et bien, vous faites probablement du CrossFit quand :
votre entourage trouve que vous parlez toujours de CrossFit;
vous faites des «high five» avec des inconnus;
votre balai ne sert plus seulement à ramasser la poussière;
votre préoccupation pour les pull-ups, T2B et K2E n’est plus de les réussir, mais de préserver vos mains;
vous comprenez les acronymes dans la phrase précédente;
vous avez des papillons dans le ventre avant de rencontrer Fran, Isabel ou Grace;
vous perdez vos double-unders et vous les retrouvez sans aucune raison;
la nuit, vous rêvez que vous faites des muscle-ups;
etc.
En somme, le CrossFit adresse l’activité physique de manière globale. Il est destiné à améliorer votre quotidien et à maintenir votre autonomie le plus longtemps possible. Il permet de ne plus voir l’entrainement comme une corvée ou un mal nécessaire pour une belle silhouette, mais plutôt comme une affirmation de vos incroyables capacités physiques et mentales.